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Aperçu mensuel : la bourse fait face à de nombreux challenges

Source: écrit par Gilles Coens, expert en investissements chez MeDirect

L’une de nos attentes pour 2022 s’avère correcte : les marchés n’ont pas eu jusqu’à présent une performance aussi “linéaire” qu’en 2021. Ce sera une année où il faudra tenir compte des chocs de volatilité. Avant ce conflit, nos inquiétudes étaient principalement dirigées vers l’inflation élevée, la réaction possible des banques centrales à ce sujet, les goulots d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement, le ralentissement de la croissance, les conséquences sur les résultats des entreprises et les éventuels ‘après-chocs’ du covid mais beaucoup moins sur les tensions géopolitiques.

La Russie en guerre avec l’Ukraine

Nous aurions préféré ne pas écrire cela, mais comme vous le savez déjà, nous ne parlons plus de tensions mais d’un conflit de guerre sur le continent européen.

“L’incertitude quant à l’escalade du conflit préoccupe les investisseurs depuis un certain temps et cela a également occupé de nombreux investisseurs chez MeDirect.”

L’incertitude quant à l’escalade du conflit préoccupe les investisseurs depuis un certain temps et cela a également occupé de nombreux investisseurs chez MeDirect. Par exemple, nous avons remarqué que pendant plusieurs mois, et surtout en février, les fonds les plus vendus (transactions de vente) étaient des fonds d’investissement investissant uniquement ou principalement dans des actions russes. Malgré les positions limitées que vous, en tant que clients, détenez dans ces fonds.

Les attaques ont été lancées. La manière dont les choses vont évoluer est extrêmement incertaine. Les sanctions imposées à la Russie ne sont pas légères, mais jusqu’à présent, elles n’ont eu aucun impact sur l’attitude des dirigeants russes. Il n’y a rien de plus difficile que d’évaluer les risques géopolitiques et de faire les bonnes prédictions. Et ce n’est certainement pas différent aujourd’hui.

Examinons tout de même quelques chiffres. Selon les chiffres du FMI, la Russie est la 11ème économie mondiale en termes de PIB nominal, et se place ainsi derrière des pays comme l’Italie ou la Corée du Sud, mais devant le Brésil ou l’Indonésie. Si l’on considère le PIB par habitant, la Russie se situe encore bien plus bas dans le classement, à savoir à la 85ème place, juste derrière la Bulgarie. L’un des plus petits pays du monde, le Grand-Duché de Luxembourg, est en tête de liste. La Belgique est à la 23ème place et les États-Unis à la 9ème place.

“Sur base des ratios cours/bénéfices, il semble qu’aucun autre marché n’ait été coté aussi bon marché que les actions russes depuis de nombreuses années.”

Toutefois, il est peu probable que vous soyez exposé aux actions russes dans vos fonds, sauf dans des “fonds Russie” spécifiques. Sur la base des ratios cours/bénéfices, aucun autre marché ne semble avoir été aussi bon marché que les actions russes depuis de nombreuses années. Et il y a une raison à cela. Les investisseurs internationaux, et donc les gestionnaires de fonds, ont peu confiance dans les entreprises russes. Il y a un manque de transparence, les droits des actionnaires ne sont pas toujours respectés, la gouvernance d’entreprise n’est pas convaincante et il y a également une ingérence de l’État dans de nombreuses entreprises.

La plus grande crainte économique de ce conflit est, bien sûr, la dépendance de l’Europe à l’égard du secteur énergétique russe. Comme le mentionnent souvent les médias, 40 % du gaz importé dans l’UE provient de Russie. Une source d’énergie difficile à remplacer pour laquelle l’UE cherche actuellement des solutions. Elle doit tenir compte de l’arrêt éventuel de l’approvisionnement en gaz russe de l’Europe. Et avec les sanctions que les pays occidentaux veulent maintenant prendre contre la Russie, le risque d’un impact négatif sur l’UE, comme l’approvisionnement en gaz, augmente. Par exemple, la Russie refuse de fournir plus de gaz que ce qui est prévu dans les contrats à long terme. Ce qui, bien sûr, fait augmenter le prix, comme nous l’avons tous constaté sur nos factures d’énergie en ce moment.

Les autres défis de la crise économique

Restons positifs et rappelons-nous que l’économie mondiale se remet encore des mesures liées au covid. Même si la croissance mondiale ralentit actuellement, elle reste élevée par rapport aux moyennes historiques. Il reste donc à voir si les résultats des entreprises nous surprendront positivement cette année encore. Mais surtout, nous continuerons à surveiller l’inflation, qui est bien au-dessus des niveaux pré-covid.

Quid de l’inflation élevée ?

Il ne faut surtout pas perdre de vue l’inflation et les réactions des banques centrales. Les chiffres de l’inflation sont à des niveaux jamais vus depuis longtemps. Si l’on compare les derniers chiffres de l’inflation en Belgique, on constate qu’elle s’élève actuellement à 7,59 %, alors qu’elle était de 0,70 % en 2020. En Europe plus qu’aux États-Unis, la hausse de l’inflation est principalement due à l’augmentation des prix de l’énergie. Ceux-ci peuvent être ressentis directement dans nos dépenses énergétiques ou indirectement dans l’augmentation des prix des biens de consommation.

Les retards dans la chaine d’approvisionnement stagnent, l’inflation augmente

Les pénuries dans la chaîne d’approvisionnement font également pression sur les prix. Il suffit de penser à la pénurie de puces qui se fait sentir dans le secteur automobile, entre autres. C’est également la raison pour laquelle la BCE n’a jusqu’à présent prévu aucune hausse des taux d’intérêt pour 2022. Les hausses de taux d’intérêt ont peu d’impact sur une “poussée d’inflation” (augmentation des prix à la consommation). Contrairement à l’inflation, qui provient d’une forte augmentation de la demande, sur laquelle les taux d’intérêt ont un impact plus important. Aux États-Unis, on observe une reprise plus rapide de la consommation, ce qui donne également à la Fed le signal de relever les taux d’intérêt. Néanmoins, cette inflation est aussi largement due à une offre limitée de puces, de produits de base et d’énergie. Les hausses de taux d’intérêt sont particulièrement sensibles pour les entreprises en croissance qui dépendent davantage du financement externe par des prêts.

Qu’est-ce que cela signifie pour vos investissements ?

Gardez la tête froide. C’est et cela reste le message. La peur est votre pire ennemi en cette période d’incertitude. Continuez à vous diversifier et ne vous laissez pas effrayer par les chocs à court terme. Considérez toujours vos investissements à long terme en tenant compte de votre horizon d’investissement. Si vous quittez les marchés au mauvais moment, vous ratez souvent les meilleures opportunités de reprise.  Les bénéfices à long terme le démontrent dans l’illustration ci-dessous, bien que les performances passées ne soient pas une garantie des rendements futurs.

Y a-t-il des possibilités d’investissement ?

On peut retourner le problème dans tous les sens mais une chose est sure, laisser votre argent sur un compte d’épargne vous rapportera un taux d’intérêt réel négatif encore cette année. Cela est dû, d’une part, aux faibles taux d’intérêt appliqués par les banques centrales, et par conséquent par les banques “ordinaires”, et d’autre part, aux taux d’inflation élevés. L’investissement, à plus long terme, malgré la volatilité, reste certainement l’outil le plus important pour s’armer contre la hausse de l’inflation.

“L’investissement, à plus long terme, malgré la volatilité, reste certainement l’outil le plus important pour s’armer contre la hausse de l’inflation.”

L’Eurostoxx 50 a perdu environ 10,5 % depuis le début de l’année, le S&P 500 8,5 % et le Nasdaq 13,50 %. Ceci est dû à la plus grande sensibilité aux taux d’intérêt. Et aussi à cause des tensions géopolitiques. Les investisseurs ont une préférence pour les secteurs défensifs, tels que l’alimentation et les sociétés sans croissance, où les bénéfices futurs sont plus incertains et qui sont aussi relativement mieux valorisés. Ceux qui entrent sur les marchés aujourd’hui ont donc un avantage sur ceux qui sont entrés en décembre. Alors, est-ce que “acheter dans le creux de la vague” est une option ? A long terme, peut-être. Mais vous devez vous attendre à une volatilité continue. Car la prochaine question qui se pose est la suivante : quand atteindrons-nous le creux de la vague ? Il n’est pas facile d’anticiper le marché et l’investisseur rate souvent le “bon moment d’entrée”. Pour quand même profiter de ce creux de la vague, répartissez vos achats sur plusieurs périodes. De cette façon, vous aplatissez votre prix d’achat moyen. Les marchés continuent à baisser ? Achetez plus de parts, ou d’actions. Si les marchés montent, vous achetez moins d’actions mais vous n’êtes pas complètement hors marché avec juste un compte d’épargne à faible taux d’intérêt. Vous êtes au moins exposé à la hausse des marchés.

Un certain nombre de marchés affichent des performances positives cette année. Les indices d’Amérique latine, par exemple, sont particulièrement positifs. Les banques centrales ont une longueur d’avance dans ce domaine. Elles ont déjà procédé à un certain nombre de hausses de taux d’intérêt. Ces marchés n’ont pas été aussi performants en 2021, ce qui rend les valorisations plus attractives. La hausse des prix des produits de base et des denrées alimentaires soutient également des économies comme celle du Brésil aujourd’hui. Ces marchés sont une option possible pour la diversification, mais bien sûr avec modération.

Que retenir ? Surtout, révisez votre portefeuille ! Êtes-vous à l’aise avec le risque ? Sachez que les fonds mixtes peuvent également offrir une solution pour améliorer la diversification de votre portefeuille.

“Sachez que les fonds mixtes peuvent également offrir une solution pour améliorer la diversification de votre portefeuille.”

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