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Aperçu mensuel : Ukraine – Comment naviguer à travers cette crise ?

Source: écrit par Gilles Coens, expert en investissements chez MeDirect

Le 17 mars dernier, nous avons organisé une session meinvest exceptionnelle sur l’impact de la crise ukrainienne sur nos investissements. L’escalade du conflit entre l’Ukraine et la Russie a impacté non seulement la population ukrainienne en premier lieu, mais aussi l’Europe et les marchés boursiers. Pourtant, après le choc des premiers jours, les marchés boursiers se sont redressés et stabilisés. Nous examinons cela de plus près.

Quel est l’impact économique de la guerre en Ukraine ?

Les sanctions prises contre la Russie pourraient être une solution possible pour mettre fin à la guerre. Il faut décourager autant que possible le président russe de poursuivre cette guerre, ce qui sera plus difficile sans nouveaux financements. Bien sûr, ceux-ci ont un impact sur l’économie : sur les Russes comme sur les Ukrainiens. Et nous le ressentons aussi. Les prix du pétrole, du gaz et de l’électricité avaient déjà augmenté, mais cette situation s’est encore empirée. En outre, les prix du blé, des graines de tournesol et des métaux comme le nickel et l’aluminium ont aussi augmenté. 

Quelles sont les conséquences financières pour les entreprises ?

Certaines entreprises, plus dépendante de la Russie ou de l’Ukraine, le ressentiront plus que d’autres. En effet, les entreprises qui y ont leurs activités doivent souvent les arrêter. Les économies russes et ukrainiennes sont, cependant, relativement petites à l’échelle mondiale. L’impact est donc, dans l’ensemble, limité.

Et que dire de l’inflation ?

Comment se portent les banques centrales en Europe et aux États-Unis ?

L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) continue d’informer que l’inflation sera supérieure à 2,5 %. L’inflation était déjà très élevée et nous supposions que cela serait temporaire, mais tout est relatif. On constate déjà que les prix ont déjà augmenté. L’inflation est un peu plus faible qu’à son apogée. Mais l’inflation restera élevée pendant encore un certain temps. La guerre n’a pas vraiment affecté l’inflation. La Fed (la banque centrale américaine) va relever ses taux d’intérêt à plusieurs reprises au cours de l’année. La banque centrale européenne (BCE), pour sa part, achètera moins d’obligations. 

Les banques centrales suivent bien sûr la situation de près. Si la guerre devait avoir de graves conséquences économiques, la BCE agirait en conséquence. Cela donne confiance aux marchés financiers et aux investisseurs.

“Si la guerre devait avoir de graves conséquences économiques, la BCE agirait en conséquence. Cela donne confiance aux marchés financiers et aux investisseurs.”

Si la BCE devait relever ses taux d’intérêt, ce serait par palier. Ce n’est pas aussi rapide que la Fed, mais la zone euro suivra certainement plus tard. L’économie est de toute façon résiliente et se porte plutôt bien.

Si les gens pensent ou ressentent qu’ils ne peuvent plus se permettre quelque chose, ce n’est pas bon pour l’économie. Il en va de même pour les entreprises.

Quels secteurs sont impactés par l’inflation ?

Le secteur alimentaire aura toujours de l’activité car les gens continueront à consommer et aller au supermarché. Même si les prix alimentaires augmentent, les entreprises seront en mesure de répercuter cette hausse sur les consommateurs. Les entreprises actives dans le secteur pétrolier gagneront également davantage grâce à l’augmentation des prix. L’industrie, les sociétés cotées en bourse et l’industrie chimique peuvent également augmenter les prix car nous avons besoin de ces activités commerciales. 

Les entreprises qui seront le plus touchées sont les secteurs qui sont considérés comme non-essentiels. Les entreprises actives dans l’informatique, la technologie et les télécommunications, de même que l’automobile, dont nous n’avons pas réellement besoin pour vivre, ne pourront pas répercuter cette inflation sur les prix. Il s’agit de sociétés de croissance qui sont généralement plus sensibles aux hausses de taux d’intérêt. À long terme, ce secteur gagnera plus.

C’est pourquoi la diversification est primordiale dans votre portefeuille d’investissement ainsi que garder son calme et ne pas paniquer en période de baisse des marchés.

Quelles régions sont impactées par l’inflation ?

Bien sûr, les actions russes sont touchées, mais elles ne représentent souvent qu’une petite partie de votre portefeuille. L’accès aux marchés russes n’est pas facile pour un investisseur individuel.

L’Europe souffre plus de la guerre que les États-Unis ou l’Asie, ou même que la Belgique. En Belgique, l’impact n’est pas si grand parce que nous ne sommes pas si dépendants du gaz russe. Les actions américaines sont performantes et étaient chères. Les sociétés de valeur affichent également de bonnes performances.

La Chine n’a pas été le marché le plus performant l’année dernière. Le point de basculement ? La Chine et la Russie ne sont pas vraiment des ennemis l’une de l’autre, et pourtant la Chine condamne la guerre. L’économie chinoise a des intérêts financiers en Ukraine : ils veulent construire une nouvelle route de la soie à travers l’Ukraine pour faire grossir l’économie chinoise. Les actions chinoises individuelles ont augmenté de 30 % en un jour. Crise ou pas crise, le monde ne s’arrête pas. Peu importe à quel point ça semble mauvais sur le moment, on s’en sort toujours. 

Allons-nous vers une récession ou une stagflation ?

Avant même le début de la guerre, on parlait parfois de récession ou de stagflation car les prix des matières premières étaient déjà en forte hausse. La guerre a eu un impact négatif sur l’économie européenne, presque à 1,5%. Nous sommes plus proches de la stagflation mais il y a encore de la croissance économique.

On parle de récession lorsque l’économie est en déclin pendant deux trimestres consécutifs. Revenons au deuxième trimestre de 2020, où presque tout s’est arrêté en mars. Le marché boursier a en fait enregistré de bonnes performances à partir de mars. Aurons-nous une récession à cause du conflit et des sanctions ? Cela augmente les chances. La BNB (Banque nationale de Belgique), dans ses perspectives économiques récemment publiées (28/03/2022), a déclaré que, bien que la guerre ait un impact sérieux sur l’économie belge et que la croissance soit inférieure aux prévisions précédentes, nous ne tomberons pas dans une récession ou une stagflation.

“La BNB, dans ses perspectives économiques récemment publiées (28/03/2022), a déclaré que, bien que la guerre ait un impact sérieux sur l’économie belge et que la croissance soit inférieure aux prévisions précédentes, nous ne tomberons pas dans une récession ou une stagflation.”

Mais il se pourrait bien que le marché boursier pense déjà six mois à l’avance et que la récession soit légère, ce qui permettrait aux actions de remonter six mois à l’avance.

L’indice boursier européen (DJ Eurostoxx 50) était à -20% en mars. Entre-temps, il se s’est redressé à -8%. La réaction de panique est terminée ? Y a-t-il encore de la volatilité ? Même Warren Buffet ne peut pas prédire le marché boursier.

Si nous regardons la Bel20, elle est à -3,2% depuis le début de cette année. Quelques semaines plus tôt, il était soudainement de -15%.

Prédire la bourse ?

Il est difficile d’essayer d’estimer l’évolution des marchés boursiers. Il n’y a pas de modèle. Investissez tranquillement et pensez au long terme.

Mais il ne faut pas y travailler tous les jours et suivre les prix de manière obsessionnelle. Comme nous l’avons mentionné précédemment, le passé a montré que les marchés boursiers présentent des chocs de volatilité à court terme, mais affichent des performances positives à long terme. Toutefois, les performances passées ne sont pas une garantie pour l’avenir.

Le market timing peut être évité, et les décisions sont souvent prises de manière émotionnelle. Si vous vendez dans la panique en tant qu’investisseur, vous avez généralement subis une partie de la baisse et, vous raterez surement les meilleurs jours de reprise, qui, historiquement sont les premiers jours de reprise. Si vous manquez ces jours, il sera plus difficile de récupérer la perte.

“Par le passé, les meilleurs jours en bourse étaient souvent les premiers jours de reprise. Si vous manquez ces jours, il sera plus difficile de récupérer la perte.”

Qu’est-ce que nous apprenons de ce conflit ?  

Nous devrions être moins dépendants des pays plus instables d’où proviennent nos matières premières. Voulons-nous encore financer de tels pays ? Nous ne devons pas non plus être trop dépendants d’une seule source.

En outre, nous sommes davantage conscients que l’investissement dans l’énergie verte est une bonne chose. Nous commençons à mieux isoler nos maisons, ce qui ne peut qu’être bénéfique pour notre écologie et notre économie. Cela nous rend également moins dépendants de la volatilité des prix de l’énergie.

En outre, les sanctions et le fait que le monde entier les désapprouve pourrait avoir un effet sur les dictateurs. Avec un peu de chance, ils réfléchiront à deux fois avant d’envenimer un conflit.

Qu’est-ce que cela signifie pour vos investissements ?

Les premiers jours du conflit ont provoqué une grande volatilité sur le marché boursier, avec un point bas le 8 mars. Depuis lors, les indices ont rebondi. N’oublions pas qu’aujourd’hui encore, nous avons une inflation élevée. La hausse des prix de l’énergie et des produits de base due au conflit s’ajoute à cette inflation. Les banques centrales ont déjà pris un certain nombre de mesures, comme le relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis et au Royaume-Uni. En Europe, la BCE a décidé d’injecter moins de liquidités dans l’économie. Mais dans l’ensemble, la politique monétaire reste accommodante, avec des taux d’intérêt bas. Les comptes d’épargne et les obligations à court terme n’offrent aucune protection contre l’inflation actuelle. Cela signifie que pour de nombreux investisseurs, il n’y a guère d’autre choix que de se lancer sur les marchés. En outre, le ralentissement a créé une opportunité d’achat pour de nombreux investisseurs après les bonnes performances de 2021.

“Les comptes d’épargne et les obligations à court terme n’offrent aucune protection contre l’inflation actuelle. Cela signifie que pour de nombreux investisseurs, il n’y a guère d’autre choix que de se lancer sur les marchés.”

Nous pouvons nous attendre à ce que les bénéfices des entreprises soient mis sous pression par une inflation élevée, ce qui aura un impact sur la croissance. C’est une excellente occasion pour les gestionnaires de fonds actifs de faire leurs preuves maintenant. Il s’agit d’être sélectif dans ses choix d’investissement. Il sera important de choisir la qualité. Les actions de valeur seraient mieux positionnées dans de telles circonstances. Cela ne veut pas dire que les valeurs de croissance, comme les valeurs technologiques, ne doivent pas faire partie de votre portefeuille. Les progrès technologiques ne s’arrêteront pas à l’avenir. La hausse des prix de l’énergie aura également un impact positif sur la technologie. L’indépendance énergétique se produira tout d’abord parce que nous obtiendrons du gaz naturel ailleurs qu’en Russie. Cela offre également une opportunité d’investissement dans le thème du “changement climatique”, où l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables sont très importantes.

La diversification reste également la clé. Les fonds mixtes offrent également aux investisseurs la possibilité d’utiliser l’expertise des gestionnaires de fonds pour effectuer une répartition entre actions et obligations. Une allocation qui, en période d’inflation élevée et de hausse des taux d’intérêt, exige l’analyse nécessaire.

Revoyez la session exceptionnelle meinvest !

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