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Carmignac et DNCA: les David & Goliath de la Place Vendôme

Source: L’Echo: 1/2/2017

Les deux maisons sont quasiment voisines sur l’une des places les plus en vue de Paris. L’équipe de Carmignac, installée au numéro 24, est fière de l’appellation “fonds patrimoniaux”, directement inspirée de Carmignac Patrimoine. C’est grâce à ces fonds que Carmignac fait partie des rares sociétés de gestion de fonds à être sortie quasiment indemne – voire avec un rendement légèrement positif – de la catastrophique année 2008. L’exposition aux actions avait alors été réduite, pour être à nouveau renforcée par la suite. Le tout au bon moment. Cette stratégie a valu au groupe de nombreuses distinctions… et les investisseurs se sont bousculés pour y placer leur argent. En deux ans, les actifs sous gestion sont passés de 13 à 55 milliards d’euros. Fin 2016, ce montant – Assets Under Management (AUM) – n’avait pratiquement plus augmenté toutefois, car impossible bien sûr de réaliser chaque année les meilleures performances.

Carmignac n’a pas le monopole des bons résultats en effet: la société subit aujourd’hui la concurrence de DNCA Investments. Ce gestionnaire de fonds français a fait sont entrée Place Vendôme, au numéro 19, en 2011. Dans les couloirs, on se délecte en évoquant un “flux d’argent qui coule en permanence du numéro 24”. Chez Carmignac, on préfère parler de prolifération d’imitateurs proposant des formules d’investissement soi-disant uniques. “Nous reconnaissons que certains imitateurs s’en sortent bien, explique le stratège en chef Frédéric Leroux. Mais nous sommes confiants. Depuis 2008, il n’y a plus eu de gros séismes en Bourse. De plus, les banques centrales ont chaque fois été présentes pour soutenir les marchés. Mais nul ne sait ce qui arrivera quand nous connaîtrons une nouvelle crise comme celle de 2008.”

Obligations

En substance, le fonds amiral de DNCA Investments – baptisé Eurose – vise le même objectif que Carmignac Patrimoine: faire croître les capitaux investis dans les fonds, tout en les protégeant contre les baisses soudaines.

Comme dans tous les fonds mixtes défensifs, les obligations représentent une partie importante du portefeuille. “Les obligations sont incontournables. Sauf en cas de faillite de l’émetteur, ce sont les seuls actifs dont on est certain de retrouver 100% de la valeur nominale à l’échéance”, estime Philippe Champigneuille. Il gère le volet obligataire d’Eurose, qui peut aller jusqu’à 100% d’obligations. “Il y a peu, nous avons ainsi engrangé de beaux résultats avec une obligation de la société pétrolière Repsol. La récente hausse des taux avait fait baisser son cours et augmenter le rendement à 3,5%. Vu que Repsol est tout sauf une entreprise au bord de la faillite, nous avons acheté cette obligation, dont l’échéance se situe en 2020. Entre-temps, le rendement a baissé à 0% et nous avons réalisé une belle plus-value sur le cours.”

Le rendement d’une obligation dépend de son cours de Bourse et de son coupon annuel. Ce coupon est fixe s’il s’agit d’une obligation classique. Lorsque le cours baisse, le rendement augmente, et au fur et à mesure que l’échéance se rapproche, le cours augmente ou baisse pour atteindre à nouveau le pair.

C’est une réalité: il n’existe pratiquement pas d’autre manière de réaliser des bénéfices sur les marchés obligataires dans un contexte de taux bas, mais qui s’inscrivent en hausse. “En bref, ceux qui investissent en obligations souveraines européennes avec des échéances allant jusqu’à sept ans courent derrière l’inflation, reconnaît le cogestionnaire d’Eurose, Jean-Charles Mériaux. Ceux qui misent sur des échéances plus longues s’exposent davantage au risque de taux. Malgré tout, les obligations souveraines sont traditionnellement considérées comme sûres. C’est le paradoxe que nous vivons aujourd’hui.”

“Eurose peut difficilement acheter des obligations souveraines avec des échéances inférieures à un an”, poursuit Jean-Charles Mériaux. Ce problème peut cependant être résolu grâce à des investissements dans des obligations liées à l’inflation, convertibles ou subordonnées. L’équipe de Jean-Charles Mériaux et de Philippe Champigneuille conclut également des contrats de swap, pour tirer profit des attentes d’inflation exagérées dans la zone euro, avec cependant un risque de contrepartie.

Carmignac va encore plus loin en se tournant vers le marché des dérivés. La maison négocie sur la base de convictions macroéconomiques dans des produits dérivés liés aux taux d’intérêt des obligations sous-jacentes. “Nous pouvons ainsi constituer un portefeuille qui gagne en valeur lorsque les taux montent”, explique Charles Zerah, qui gère le fonds Global Bond de Carmignac. Le fait que nous nous imposions d’investir au moins la moitié en obligations n’est absolument pas un handicap.”

“Comment éviter les écueils si votre gestionnaire ne peut pas miser sur les baisses de cours des obligations? C’est une énorme différence entre notre gestion et celle de nos concurrents, poursuit Frédéric Leroux de Carmignac. Nous constatons aujourd’hui les premiers signes de faiblesse dans d’autres fonds patrimoniaux qui n’ont pas la liberté ou l’audace de ‘shorter'(vendre à découvert, NDLR) des obligations.”

Fonctionnement

Les stratégies respectives des deux sociétés de gestion de fonds sont radicalement différentes. Chez Carmignac, la sélection des titres s’effectue sur la base des grandes tendances économiques. Pour 2017, par exemple, la société met en avant “le retour de l’économie cyclique”, après des années d’immixtion des banques centrales occidentales. DNCA applique une stratégie inverse: au lieu d’une approche “top-down”, la société investit selon le principe “bottom-up”.

“Nous remarquons que les décisions prises sur des bases macroéconomiques sont difficiles à expliquer à nos clients, explique Philippe Champigneuille. Nous risquons de décevoir, par exemple à cause des cycles boursiers ou de certaines crises sectorielles. Mais nous n’avons jamais prétendu être capables de prédire les grandes tendances”.

“Le pire qui puisse nous arriver est de nous tromper sur la reprise économique dans les pays développés, reconnaît Charles Zerah, spécialiste en obligations chez Carmignac. Nous sommes parfaitement convaincus que les taux continueront à monter et que les gens n’ont pas suffisamment intégré le fait que l’inflation était bel et bien de retour.”

La taille de Carmignac Patrimoine implique que le fonds investisse essentiellement dans des titres très liquides. “Nous utilisons les marchés les plus liquides au monde, comme l’indice Euro Stoxx en Europe, le Nikkei au Japon ou les bons du Trésor américains. Si nous voulons changer la moitié de notre portefeuille, nous pouvons le faire en un jour. Nous disposons dans la maison d’un analyste quantitatif”, souligne Frédéric Leroux.

“La plupart pensent que notre modèle est facile à copier, mais ce n’est pas le cas, renchérit Charles Zerah. Certainement pas pour les fonds qui prennent des risques de change en investissant sur plusieurs continents. La fluidité de la communication entre les spécialistes en actions et en obligations joue un rôle crucial. Beaucoup d’autres équipes ne sont pas organisées comme nous le sommes.”

Les deux fonds amiraux continuent à croire dans leur stratégie respective pour atteindre au final le même objectif. Dans l’ombre de la colonne Vendôme, où trône la statue de Napoléon, la bataille continue à faire rage.

Cet article a été produite avec l’autorisation de l’éditeur, tous droits réservés.

Large choix de fonds mixtes chez MeDirect

Sur la plateforme de MeDirect, vous trouverez aussi les deux fonds d’investissement mentionnés dans l’article ci-dessus:

Les deux fonds font également partie du Portefeuille-Modèle ‘Fonds Mixte MijnKapitaal’. Nous avons développé notre modèle de rénumération de manière à ce que vous ne payiez ni frais d’entrée, ni frais de sortie, ni frais de transaction sur 97% de nos fonds. Carmignac en est une exception car les frais d’entrée s’élèvent à 1%. Vous pourrez toutefois éviter ces frais si vous investissez dans le portefeuille ‘Fonds Mixte MijnKapitaal’, car les portefeuilles-modèles de MeDirect sont sans frais d’entrée/sortie et sans frais de transaction.

Fonds est le nom populaire pour OPC (Organisme de Placement Collectif). Un OPC est une entreprise qui réunit plusieurs investisseurs et investit leur argent déposé dans diverses options d’investissement, comme les actions, les obligations, les liquidités, etc., afin de répartir le risque. Avant de procéder à l’investissement, vous devez lire et évaluer le KIID et le prospectus correspondant. Le KIID énonce les objectifs, la politique d’investissement, les risques et avantages, les frais et un historique de performance des fonds.

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