Aperçu mensuel – Le pacte vert pour l’Europe : une opportunité pour investir ?

Source: Ecrit par Gilles Coens, expert en investissements chez MeDirect.

Il est de plus en plus évident que la durabilité n’est plus une tendance, mais une nécessité pour (sur)vivre sur cette planète. Malheureusement, nous en voyons déjà les résultats et nous n’avons plus à les chercher bien loin. Les événements dramatiques des dernières semaines lors desquels une partie de notre pays a été complètement inondée, emportant au passage des vies humaines, témoignent du changement climatique. L’UE présente donc son pacte vert : un plan climatique et d’investissement qui devrait garantir une Europe plus écologiquement responsable.

Le chemin économique vers la solution écologique

“Notre ambition: être le premier continent neutre pour le climat.” Une déclaration puissante et prometteuse que l’on peut lire sur le site officiel de l’Union européenne consacré au pacte vert pour l’Europe.
Quelle est la date limite pour atteindre la neutralité climatique ? En 2050. Mais une première échéance et de grande envergure est déjà dans neuf ans. D’ici 2030, les émissions de CO2 en Europe doivent
être réduites de 55 %. 

“L’UE – Notre ambition: être le premier continent neutre pour le climat.”

Afin de continuer à vivre dans un monde vivable, nous devons repenser radicalement nos façons de vivre. Et même si chaque citoyen peut contribuer à une planète plus verte en adoptant un mode de vie plus écologique,
la grande transformation devra venir principalement des entreprises et de l’industrie, leur impact étant le plus important.

Comment s’attaquer à ce problème sur le plan financier et économique ? Beaucoup dépendra des efforts et de l’engagement des entreprises et des secteurs qui ont un impact énorme sur la mise en œuvre et le
succès de ce plan climatique ambitieux et nécessaire. Et c’est précisément entre toutes ces nombreuses entreprises et industries qu’il existe des différences. 

Nombre d’entreprises et de secteurs ont d’une certaine manière déjà anticipé ce changement vers une économie plus verte. Ils ont déjà réalisé des investissements substantiels afin de pouvoir
poursuivre leurs activités commerciales de manière plus durable. La technologie et l’innovation sont au cœur de cette véritable transformation écologique. Il est clair que les mauvais élèves (lire :
les plus polluants) de la classe, doivent de toute urgence s’améliorer. Les secteurs de l’aviation, du pétrole, de la construction et de la pétrochimie, ou plus précisément les compagnies de croisières
(qui sont récemment devenues indésirables à Venise, un endroit très populaire et touristique), sont de plus en plus sous pression. Les entreprises qui fonctionnent selon un mode peu durable sont donc confrontées
à d’immenses défis, qui seront coûteux sur le plan financier.

“La technologie et l’innovation sont au cœur de cette véritable transformation écologique.”

Lorsque nous parlons spécifiquement de la réduction des émissions de CO2, par exemple, en tant que consommateurs, nous pensons en premier lieu aux voitures. Entrons dans le détail : les Européens achèteront davantage
de voitures électriques à l’avenir, et les voitures de société en Belgique devront même être électriques à partir de 2026. En toute logique, il faudra donc produire davantage de voitures électriques.
Les constructeurs automobiles qui ont déjà pleinement adopté le marché de la voiture électrique en réalisant d’importants investissements auront un avantage et feront de bonnes affaires, ce qui se traduira
par des gains financiers.

Qu’est-ce que cela signifie pour vos investissements ?

Investir dans des entreprises prévoyantes, qui ont déjà pris le train de la durabilité en marche depuis longtemps, ne peut qu’aider le plan climatique européen à atteindre ses objectifs. Par exemple, la Commission
européenne a elle-même indiqué qu’elle allait investir 250 milliards d’euros dans des obligations vertes. Espérons que les citoyens européens
suivront.

Mais l’investisseur individuel peut lui aussi contribuer à la réalisation des ambitions climatiques européennes. Investir dans des entreprises qui se sont pleinement engagées dans l’écologisation de leurs activités
permet déjà d’en récolter les fruits. Placer son argent dans des fonds durables est donc un (bon) moyen de soutenir ces entreprises vertes et de les encourager à développer davantage leurs activités et leur
politique de durabilité. En effet, non seulement les entreprises investies seront plus durables en termes de consommation d’énergie, mais elles le seront également en termes de stabilité financière, offrant ainsi
une meilleure garantie pour la poursuite de leurs activités. 

“De plus en plus de fonds avec “climate” comme thématique ont été lancés ces dernières années.”

En outre, de plus en plus de fonds avec “climate” comme thématique ont été lancés ces dernières années, des fonds qui sont aussi populaires auprès de nos clients. Ces fonds visent à sélectionner uniquement des entreprises pour lesquelles la réduction des émissions de CO2 est une opportunité. Les nouvelles ambitions climatiques créent donc une nouvelle “mégatendance” pour les investisseurs.  Revenons à notre voiture électrique. L’investisseur moyen envisage probablement d’acheter des actions de Tesla. Mais il y a bien plus que les entreprises qui produisent les voitures elles-mêmes. De nombreux fournisseurs et partenaires technologiques développent de nouvelles technologies qui, en soi, offrent également des possibilités d’investissement.

Le transport durable n’est qu’un moyen parmi d’autres de contribuer à la réduction des émissions de CO2. Nous pouvons également penser à un autre exemple clair, comme le secteur des énergies renouvelables, dans lequel il existe un grand nombre d’entreprises que nous oublions souvent mais qui apportent également une contribution positive. D’une part, ce sont les “leaders durables” : ceux qui sont déjà en avance en matière de consommation d’énergie mais aussi de gestion des déchets. Les réglementations plus strictes auront moins d’impact sur eux grâce à leur avance. D’autre part, il ne faut pas non plus oublier les fournisseurs. Ils sont également importants pour l’économie durable, comme nous l’avons mentionné précédemment dans l’exemple des voitures électriques. Il s’agit d’entreprises qui sont moins visibles pour nous, les consommateurs, mais qui, en coulisses, fournissent des développements technologiques permettant à l’industrie d’utiliser moins d’énergie ou de l’énergie plus durable ou de produire moins de déchets. Il s’agit notamment d’entreprises de logiciels, de fabricants de filtres d’émissions industrielles, de sociétés de conseil et bien d’autres encore.