Investir
24/05/2019

À quelles classes d’actifs donnons-nous (ou non) la préférence ?

Source: MeDirect, 24/05/2019

En investisseurs opiniâtres que nous sommes, nous tâchons de profiter des fortes baisses en recherchant les diamants devenus plus bruts dans la mêlée des marchés. En d’autres termes, nous attendons des investisseurs qu’ils sanctionnent exagérément certains actifs dans leur hâte de vendre. Suite à la forte baisse des marchés financiers au quatrième trimestre 2018, nous avons réévalué les actifs risqués pour partir à la chasse aux bonnes affaires et évaluer nos visions antérieures en matière d’investissements.

Principaux éléments

  • Aussi douloureuse fût la baisse des marchés au quatrième trimestre, elle n’a pas déclenché suffisamment de glissements pour modifier significativement nos convictions d’investissement, que ce soit à l’égard des actions américaines ou de l’équilibre entre actions et obligations. La reprise de janvier et février a continué à pousser ces actifs en terrain trop coûteux.
  • Le paysage global des risques s’est néanmoins amélioré sous l’effet de cette baisse.
  • Certains marchés développés nous semblent à présent tout aussi attractifs que les marchés émergents.
  • Notre préférence pour certains secteurs défensifs a faibli, tandis que les secteurs cycliques sont devenus plus attractifs.

Actions américaines

Les actions américaines ont connu un quatrième trimestre 2018 particulièrement pénible, qui s’est même clôturé par le pire mois de décembre depuis la Grande Dépression. Les marchés en baisse ont poussé à la hausse nos prévisions de rendement pour les actions américaines dans les dix années à venir, mais seulement d’un petit pourcentage. Comme illustré dans le Graphique 1, nous avions prévu que les actions américaines achetées en fin d’année produiraient un rendement moyen de 1,5%, avant correction de l’inflation, soit largement en deçà des 5,8% que nous exigeons à long terme de cette catégorie d’investissement.

Graphique 1 Nos prévisions de rendement à 10 ans pour les USA restent bien en dessous de notre estimation de la valeur réelle (fair value)

Actions américaines
Source : Morningstar. À titre purement illustratif. Données au 31 décembre 2018.

Nous restons donc convaincus que ce n’est pas le bon moment pour montrer une forte exposition à des actions américaines à large capitalisation. Si l’on examine les prévisions de rendement à long terme, nous avons terminé 2018 à peu près au même niveau qu’il y a deux ans.

Qu’en est-il ailleurs ?

Toutefois, le paysage global du risque s’est amélioré suite au quatrième trimestre. Le graphique 2 donne l’aperçu de quelques classes d’actifs importantes sur base de notre prévision de rendement et des prévisions de risque au début et à la fin de 2018. Ce graphique démontre que la plupart des classes d’actifs se déplacent vers le haut et vers la gauche pour l’année dernière, ce qui indique que ces actifs présentaient un meilleur profil de risque/rendement fin 2018 qu’un an auparavant.

Le graphique 2 est assez chargé, mais il illustre notre penchant pour les marchés développés plutôt que pour les actions américaines. Le point rouge qui indique la dernière estimation de risque/rendement pour les actions américaines se situe loin en dessous et à droite de celle faite pour l’Europe, Royaume-Uni inclus.

Graphique 2 Le paysage de risque/rendement global s’est amélioré après les pertes du quatrième trimestre. Les classes d’actifs ont bougé vers le haut (prévision de rendement accrue) et vers la gauche (sous-évaluation du risque de chute).

actions internationales
Source : Morningstar. À titre purement illustratif. Données au 31 décembre 2018

Les marchés développés aussi attractifs que les marchés émergents

Les marchés développés hors USA sont devenus à nos yeux tout aussi attractifs que les marchés d’actions émergents, sous l’effet des meilleures évaluations opérées aux USA, au Japon et en Europe. Nous voyons à présent le Japon offrir le troisième plus haut potentiel de rendement des principaux marchés mondiaux (voir graphique 3). Le Royaume-Uni, que nous trouvions attractif depuis un certain temps déjà, figure en deuxième place.

 

Graphique 3 Opportunités dans les marchés d’actions internationales.

Sous-évaluation du risque de chute - graphique
Source : Morningstar. À titre purement illustratif. Données au 31 décembre 2018.

Mais certaines parties des actions des marchés émergents nous semblent encore intéressantes. Cette classe d’actifs a ceci de typique que les opportunités ne sont pas réparties équitablement ; les investisseurs doivent s’immerger dans des sous-régions – sinon des pays et secteurs individuels – pour séparer le bon grain de l’ivraie. Cela s’explique notamment par le fait qu’une grande partie des opportunités que nous dénichons sur les marchés émergents réside dans les différences de cours avec le dollar américain. Le graphique 3 reflète simplement la répartition des opportunités, avec les marchés émergents Europe et Asie d’un côté de notre spectre d’attractivité, les marchés émergents Amérique Latine de l’autre, et les classes d’actifs plus larges entre les deux.

Nous continuons également à préférer les obligations des marchés émergents, notamment celles exprimées en dollars américains (monnaie forte). Parmi les obligations, les marchés émergents libellés en monnaie forte représentent la seule classe à ne pas être trop chère par rapport à son histoire. Les obligations d’État à long terme, à l’autre extrémité du spectre, sont en revanche trop chères selon notre analyse, mais nous apprécions néanmoins les avantages protecteurs qu’elles continuent à offrir. Tant les obligations investment-grade que high-yield nous semblent avoir quelque peu gagné en attrait, mais nous restons prudents quant à savoir si les prix actuels compensent vraiment les risques fondamentaux.

Nous recherchons de la valeur tout en restant sur la défensive

Notre approche d’investissement basée sur l’évaluation nous oblige à rechercher constamment des classes d’actifs sous-évalués et sous-valorisés, mais elles ne sont pas faciles à trouver. La récente volatilité a peut-être rendu les actifs risqués plus attractifs, mais après un cycle de près de 10 ans, nous continuons à considérer de nombreux actifs comme trop onéreux. Conséquence : nous maintenons notre préférence pour les positions défensives, partant du principe que les taureaux ne peuvent pas charger indéfiniment.